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Pause littéraire et scientifique dans une librairie

La remise des prix aux lauréats du Concours de nouvelles 2011 a eu lieu dans une librairie proche du campus de l'Université de Bordeaux I. Une cérémonie fraîche et joyeuse qui a été suivie d’une table ronde ouverte au public sur le thème « Promenons-nous dans les bois… »

Les amateurs qui s’adonnent à l’exercice le savent bien : ce n’est pas chose facile que d’écrire et de donner ses oeuvres à lire. Peut-être moins encore celle de recevoir un prix pour cela. Pourtant, vendredi 30 mars à 18 heures, dans la librairie Georges à Talence (33), les quatre lauréats de la deuxième édition du concours de nouvelles 2011 avaient accepté l’invitation du CAES pour recevoir leurs prix.
Lors de cette cérémonie, Clotilde Roussel, présidente de la commission Culture du CAES a remis le trophée du 1er prix à Nathalie Gardner pour sa nouvelle Dans les bois sous les feuilles… ainsi que les deux volumes de l’intégrale des Contes et Nouvelles de Maupassant dans la collection La Pléiade – récompense traditionnelle pour le texte que le jury avait choisi de singulariser -.

laureatsNathalie Gardner, qui a souhaité être publiée sous ce pseudonyme, travaille au CNRS en Région parisienne. Elle reste encore surprise et sourit  « C’est la première fois que j’écris une nouvelle. Je n’avais pas imaginé être lauréate. Le thème Dans les bois m'a inspiré ». En tant que premier prix, Nathalie Gardner sera membre du prochain jury du concours de nouvelles.

Laura, qui, elle aussi, a souhaité rester dans l’anonymat, est venue spécialement de Marseille. Sous les applaudissements du public, elle a reçu des mains de la présidente de la commission Culture, un abonnement de 1 an à la Revue littéraire, prix décerné aux 3 lauréats restants.
« J’écris depuis que je suis au CP. Je ne peux pas m’en passer » confie-t-elle comme si elle avouait un péché mignon. « Mais j’écris pour moi. Je ne voulais pas participer. C’est mon conjoint qui m’a poussée à envoyer mon texte. Je l’avais écrit le temps d’une escale de 8 heures lors d’un voyage ». Une résolution d’autant plus heureuse pour nous quand on sait que personne, jusqu’à présent, n’a eu la possibilité de lire ses autres textes.

Jean-Pierre Hugot, quant à lui, a précisé que sa nouvelle Parlez-moi de la pluie est extraite d’un roman qu’il compte faire paraître… dès qu’il l’aura achevé. Un texte donc en guise de mise en bouche. « La fiction retrace » explique-t-il malicieusement, « mon expérience de chercheur au Gabon à travers des histoires insolites et pittoresques ».

François Feer a déjà fait paraître deux livres : Bestiaire amazonien et Les poissons sont indomptables. Sa nouvelle Dans les bois du mont Affalak - "un endroit que je ne connais pas" précise-t-il - nous invite à plonger dans un monde exotique, sorti tout droit de son imagination de zoologue qui a parcouru le monde. Si cette nouvelle ne recèle pas vraiment l’humour de André Vialatte, dont François Feer est un fervent admirateur, elle saura en revanche séduire à coup sûr les amateurs d’aventures historiques.



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trophée2 copie.jpgNathalie Gardner Dans les bois sous les feuilles -1er prix 

Le mot du jury
Le bois tendre, la forêt amie, témoins d’escapades familiales, moments de bonheur aussi intenses qu’ils restent éphémères.
La forêt vivante car habitée de centaines d’insectes, d’oiseaux, de lièvres et de hérissons.
Le bois complice de moments amicaux soudain peuplé de sorciers, loups, ogres et dragons.
Le bois témoin du temps qui passe où pluie et soleil alternent dans un ballet de tableaux colorés et mouvants.
Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce qui peut ressembler, dans un premier temps, à un carnet de voyage, à un journal intime aux accents parfois oniriques, ne fait que préparer le lecteur à l’impression finale.
Un premier prix qui récompense la maîtrise d’un auteur à nous entraîner habilement et malgré nous Dans le bois sous les feuilles avec le dessein prémédité de nous y perdre.
Une nouvelle pur style.

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Laura Garden

Le mot du jury
Le sujet est culotté, le style aussi contemporain que cinématographique : on entre dans cette nouvelle comme en scène et d’emblée on visualise des séquences, écrites à la manière de travelling ou d’arrêts sur image. Ce rythme signe la force de Garden. Intrinsèquement, l’obligation nous est faite de ne pas lâcher prise. Le phrasé rude, presque brutal nous conduit, nous entraîne, nous pousse irrésistiblement au cœur de la forêt contre cet arbre solide, majestueux et pourtant discret. Refuge, réconfort, compagnon de vie, il accueille...Contraste et rupture entre une vie «standard» quotidienne, urbaine et une vie déstructurée noctambule imprévisible. Le lecteur est chahuté, bousculé jusqu’à se retrouver sur ses deux pieds dans « un territoire (...) vierge de tout commentaire ou préjugé ».

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Jean-Pierre Hugot Parlez-moi de la pluie

Le mot du jury
Parlez-moi de la pluie… est un dépaysement. Dans un ailleurs à la fois réaliste et onirique, à mi-chemin entre rêve et cauchemar. Dès le départ une certaine tension règne qui n’est pas sans évoquer l’attente de la pluie dans les Nourritures terrestres de Gide. Nous avons l’impression de cheminer avec le « héros » et de débroussailler la forêt pour pouvoir avancer. L’écriture, magnifique de simplicité, est animée d’une veine poétique puissante avec des trouvailles verbales surprenantes. L’auteur sait dompter les mots, utilisant sans cesse des métaphores anthropomorphiques pour faire exister et vibrer la faune, la flore et les éléments naturels qui deviennent ainsi vivants, inquiétants, hostiles. C’est ainsi que les orages «galopent», les orages «menacent»… Un décor sublime. Un beau texte au pouvoir évocateur intense.

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François Feer Dans les bois du mont Afalak

Le mot du jury
Au temps de la marine à voile, l’exploration de terres lointaines amena la découverte de peuples inconnus. Le contact fut parfois dramatique, toujours délicat. De jeunes marins venus de milieux populaires en furent à la fois acteurs et témoins. Des récits nous en sont parvenus ; ainsi celui de Narcisse Pelletier, adopté pendant dix-sept ans par des «sauvages» du Nord-Est de l’Australie.
C’était donc au temps de la marine à voile. Ce marin là sort de l’imagination de son auteur. Il est amené à déambuler dans les bois du Mont Afalak, une île de l’océan Pacifique à l’environnement peu amical. On comprend que le regard qu’il porte sur ce monde nouveau a beau être innocent, il n’en est pas moins quelque peu méfiant. Comme tout marin qui, après une longue course en mer, conserve sur la terre ferme une démarche chaloupée, le narrateur a toujours un pied à bord. Son langage est émaillé d’expressions et de termes de marine, mélangés à des mots savants parfois mal maîtrisés. C’est ce verbe “brut de décoffrage” narrant cette expédition, par ailleurs pleine de surprises et de péripéties, qui nous a fait sourire. 

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Vous avez aussi la possibilité de lire ces nouvelles dans le recueil de nouvelles 2011 que le CAES a spécialement édité pour vous. Disponible dans tous les Clas de France, vous pourrez également l’emprunter dans les bibliothèques de nos villages de vacances.
 

Pause littéraire et scientifique : Promenons-nous dans les bois…


Le choix de Bordeaux pour le déroulement de la manifestation n’était pas le fruit du hasard. Suite du concours de nouvelles dont le thème était « Dans les bois », la Pause littéraire et scientifique ne s’imposait-elle pas dans la capitale de la région la plus boisée de France ?

Pour poursuivre la cérémonie de remise des prix, 5 intervenants provenant d’horizons divers ont été les guides champêtres des spectateurs venus assister à la manifestation dans la jolie librairie de Talence. Une flânerie de l’esprit parmi l’ADN des arbres, leur fonctionnement et leur utilisation en tant que modèle pour classifier les espèces, une escapade dans l’histoire des forêts sur notre planète, leur place dans l’imaginaire individuel ou collectif et dans les bois merveilleux de Balzac et des Romantiques.

Pause littéraire et scientifique avecpause bordeaux

Barbara Cise
Doctorante en Lettre Moderne à l’Université Nancy II 

Jean-Louis Meurant
Psychanalyste à Bordeaux

Denis Loustau
Directeur de recherche à l’INRA, éco-physiologiste

Rémy Petit
Directeur de recherche à l’INRA, généticien des populations

Pascal Tassy
Paléontologue, professeur au Muséum d’Histoire Naturelle

Animée par Laurent Mandeix, responsable Culture et communication du CAES du CNRS

table ronde


Ecouter la Pause dans son intégralité


Remise des prix

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Le débat Conférence sur le thème "Promenons-nous dans les bois"

Table ronde 1ère partietableronde2

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Table ronde 2e partie

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Table ronde 3e partie

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L’annonce du prochain concours



d305c631-2289-4f9b-9315-276913cd8866.pngLe concours de nouvelles 2012 a pour thème : « Un baiser »

Tout savoir sur le concours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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